Déséquilibre

Mon congé sabbatique me fait réaliser à quel point j’étais en déséquilibre

Fin mars 2022, j’ai décidé de me mettre en “congé sabbatique”. Après la décision d’arrêter LesNouveauxTravailleurs (qui va peut-être être repris par quelqu’un d’autre, à voir), j’étais immédiatement partie dans “ma nouvelle activité”. Au bout de deux semaines, je me sentais déjà enfermée et pas au top du top dans cette nouvelle réalité que je m’étais créée. J’étais partie trop vite là-dedans, sans dire “ouf”. Et j’avais eu le réflexe de retourner vers ce qui m’était familier : envoyer des emails, écrire des articles de blog, poster sur Instagram, créer des vidéos sur Youtube.

J’ai senti que j’avais besoin de faire une pause de tout ça, que j’avais besoin de sortir de ce qui m’était familier. En décidant de me mettre en ”congé sabbatique”, ce que je voulais, c’était me sortir de ce modèle-là (emails, etc), faire des choses uniquement pour moi (cuisine, ménage, ranger mon appart, sport…), et n’avoir aucune obligation, aucun compte à rendre à personne.

Congé sabbatique : retrouver un équilibre en m’occupant de moi et en étant “dans mon corps”

Premiers jours du congé sabbatique : chercher un nouveau modèle économique pour rassurer l’inconscient

Les premiers jours, j’étais à fond sur Youtube, en train de regarder des vidéos sur d’autres modèles économiques, d’autres façons de gagner de l’argent que ce que j’avais fait ces quatre dernières années. 

Je pense qu’inconsciemment, ça me faisait super peur de ne pas savoir comment j’allais gagner de l’argent dans “l’après”.

Je ne me sentais pas très différente d’avant dans cette période. Certainement parce que ça restait une activité “mentale” et je restais focalisée sur l’aspect financier, donc professionnel.

“Dans mon corps” et “m’occuper de moi” : déplacer des objets

Puis, un jour, j’ai décidé d’aller vers autre chose : m’occuper de vendre les affaires de mon désencombrement, restées stockées dans ma chambre depuis trois mois. 

Je me souviens cette matinée où j’ai sorti les sacs de ma chambre pour les mettre dans le salon : rien que ce mouvement-là m’a fait énormément de bien. 

J’ai retrouvé une sensation que je n’avais pas sentie depuis longtemps. 

“M’occuper de moi” : écouter un podcast en même temps

En plus j’ai fait ça en écoutant un podcast, casque sur les oreilles, et ça aussi, ça m’a rendue heureuse. Je crois que je ressens le fait d’écouter un podcast comme quelque chose “pour moi”.

“Dans mon corps” et “m’occuper de moi” : cuisiner

Un autre jour, j’ai décidé de prendre mon livre de batch cooking (cuisiner pour la semaine en 2h), de décider quelles recettes j’allais faire, et je suis allée acheter tout ça. 

J’ai mis quelques jours de plus avant de trouver la volonté d’effectivement cuisiner les recettes, mais j’ai fini par le faire. 

La cuisine, c’est un gros sujet pour moi. Je dis toujours que “je ne cuisine pas, je fais chauffer les aliments pour me nourrir”. Ces dernières années, mon quotidien “alimentaire” était vraiment réduit au strict minimum : je faisais en sorte d’avoir le moins d’effort possible à faire pour me nourrir. Ça donnait beaucoup de salades, crudités, mais aussi beaucoup de pâtes au fromage, et d’achats compulsifs -pas très sains pour la plupart- de dernière minute (Doritos, pain/fromage, pizzas et autres trucs surgelés, traiteur chinois…).

La raison pour laquelle je ne faisais pas la cuisine c’est que :

  1. Je me disais que je n’aimais pas trop ça ;
  2. Je le voyais un peu comme une perte de temps (pourquoi passer 1h à faire la cuisine quand on peut “cuisiner” en 15 minutes ?) ; 
  3. Je m’y prenais souvent au dernier moment, c’est-à-dire quand j’avais méga faim, donc j’allais au plus vite, pour pouvoir manger dans la minute.

J’espère qu’avec ça tu vois à quel point c’est différent pour moi d’aller faire les courses consciemment, par rapport aux ingrédients nécessaires pour les recettes, puis de prendre le temps de les cuisiner.

Mais figure-toi que, ça aussi, ça m’a donné la sensation de m’occuper de moi. Le fait de prendre le temps pour :

  • Cuisiner de bonnes choses, pour pouvoir me régaler ;
  • Cuisiner à l’avance pour que le futur moi qui aura méga faim puisse se jeter sur un truc déjà préparé (et plus sain que des Doritos).

Ce qui me donne la sensation de m’occuper de moi, c’est à la fois le fait de prendre le temps (=un moment pour moi, sans pression, où je fais un truc avec mes mains, “dans mon corps”), et le fait que ça m’amène vers une meilleure alimentation (=prendre soin de ma santé, ma vitalité, mon corps).

“Dans mon corps” et “m’occuper de moi” : les autres activités

Parmi les activités avec lesquelles j’ai renoué pendant ce début de congé sabbatique, on trouve :

Sport

Essentiellement du Spikeball, que je faisais déjà avant, mais disons que ça fait partie des choses auxquelles j’accorde du temps, de l’attention et de l’énergie, consciemment.

Balades inspiratives

Me balader vers les Rives du Lez de Montpellier en écoutant un podcast et en m’arrêtant régulièrement pour écrire des choses dans mes petits carnets (des idées, des phrases/mantras qui me viennent…).

Musique

Ça faisait des mois que je n’avais pas trop chanté (j’aime chanter, et j’ai un piano et une guitare pour m’accompagner, dans mon appartement). Je pensais que l’envie m’avait quittée. 

En réalité, je pense que c’était lié à tout le reste : j’étais comme la braise, en train de m’éteindre (c’est beau ça, tiens, je vais le garder comme phrase poétique à publier sur Instagram 😃). Je n’avais plus envie de musique. 

Mais là, ça a commencé à revenir : je me suis remise à mon piano et je me suis essayée à quelques musiques. Je n’aime plus forcément ma manière de chanter (je pense que j’ai dû perdre en “beauté de chant”), mais la sensation de chanter me fait du bien, j’ai aimé retrouver cette sensation.

Lecture

Combien de fois ai-je acheté des livres sans les lire, ou dit que j’aimerais prendre le temps de me mettre dans mon gros fauteuil en rotin pour lire un livre, sans le faire ? 

Comme la cuisine, une partie de moi le voyait comme “pas une priorité”, alors je ne le faisais jamais. 

Et là, j’ai acheté trois livres, en ai terminé un, et lu à moitié le deuxième, en deux jours ! 

J’étais si contente d’enfin faire ce truc que je disais que je voulais faire, de prendre ce temps, de retrouver cette sensation de lecture.

Contact social et événements

J’ai eu la sensation de vivre davantage de moments sociaux ces temps-ci (ou bien étais-je simplement davantage branchée à ça ?). 

À la fois les gens du spikeball, mais aussi de nouvelles personnes qui sont entrées dans ma vie, avec qui j’ai pris le temps de discuter, sans me soucier de l’heure. 

Je sais que j’ai toujours aimé rencontrer des gens et discuter (enfin surtout ceux qui sont sur la même longueur d’onde). Mais ces dernières années, ce plaisir avait été travesti par le fait que j’avais “peur” que certains échanges soient en fait du coaching déguisé (car c’est arrivé). 

Du coup je n’étais pas toujours sereine dans une rencontre ou un échange car j’avais peur de me sentir lésée. Je ne créais des rencontres que dans certains cas particuliers où je contrôlais le périmètre (des appels à ma communauté pour comprendre leurs besoins ; des pairs entrepreneurs qui voulaient m’interviewer pour leur podcast…). 

À présent, j’ai pu retrouver le plaisir d’échanger avec les gens et créer des rencontres, juste pour le plaisir de parler à un autre être humain, sortant complètement d’une quelconque posture professionnelle ou de “sachante”.

Mon congé sabbatique me fait réaliser à quel point j’étais en déséquilibre

Je ne me rendais pas compte du déséquilibre car je n’étais pas si malheureuse

Avec tout ça, j’ai réalisé à quel point j’étais en déséquilibre depuis quelques années. C’est fou à quel point je ne m’en rendais pas compte ! Probablement parce que je n’étais pas si malheureuse, et que je faisais quand même des choses que j’aimais (je prenais déjà le temps pour des balades, pour du sport, pour voir des gens…).

J’ai l’impression de retrouver un équilibre car je (re)fais des choses qui me nourrissent

Mais en retrouvant ces sensations, je me rends compte à quel point j’ai l’impression que ça me nourrit, que ça me crée un équilibre :

  • Faire des choses “dans mon corps” et pas seulement dans ma tête ; 
  • Faire des choses en extérieur, et pas être tout le temps assise devant mon ordinateur chez moi ; 
  • Faire des choses uniquement pour moi, sans autre enjeu que le fait d’y prendre du plaisir ou de m’occuper de moi, sans calcul, sans devoir penser à ce que ça pourrait apporter aux autres.

Retrouver tout ça me fait énormément de bien.

Je ne sais pas si ces occupations deviendront des activités professionnelles ou resteront uniquement dans mon équilibre personnel

À ce stade, je ne sais pas encore si toutes ces choses sont vouées à faire partie de ma vie strictement d’un point de vue personnel (c’est-à-dire pour moi, mon équilibre), ou si je vais prendre des leçons de ça pour construire ma future activité professionnelle. 

Par exemple : avoir un projet lié aux objets d’occasion, où je serais amenée à aller acheter des objets sur les vide-greniers et autres places de marché d’occasion, m’occuper d’améliorer les objets (si besoin), puis de les revendre (en ligne ou dans une boutique physique). 

Ça, ce serait quelque chose “dans mon corps”. Je sais qu’à l’heure actuelle, ça m’intéresse. Mais je ne sais pas à quel point, si c’est juste parce que j’ai besoin d’en finir avec mon désencombrement actuellement, ou si ça m’intéresserait que ça fasse partie de mon quotidien. 

Pour l’instant, je compte juste le faire simplement, avec ce qui est chez moi. Ensuite aider mon papa qui veut vendre certaines affaires. Puis peut-être élargir à d’autres affaires qui sont chez mes parents. Et voir comment je me sens après tout ça : est-ce que j’en ai marre, ou est-ce que je kiffe ? Affaire à suivre…

Conclusion : mon congé sabbatique m’aide à retrouver un équilibre

En tout cas la conclusion est que ce congé sabbatique m’a permis de retrouver un équilibre dans ma vie, et cela entraîne de nombreuses émotions positives. Je me sens beaucoup plus heureuse que je ne l’ai été depuis des années

Juste parce que ma vie est plus équilibrée, car j’y ai réintégré des sensations que j’aime et que j’avais mises de côté. Et parce que je prends le temps de m’occuper de moi.

Je CROYAIS que je m’occupais déjà de moi ces dernières années : en étant mon “propre patron” et en ayant choisi une “activité que j’aime”, en ne travaillant pas trop chaque jour, en me reposant quand j’étais fatiguée, en allant me balader, en suivant mes envies au quotidien… Mais j’ai l’impression que je me voilais la face. Ou disons plutôt que je prenais soin des 30% que j’avais implémentés dans ma vie. Mais je mettais un voile sur les autres 70%, oubliés, mis sous le tapis.

Ce que je fais en ce moment, c’est que j’ai soulevé le voile, et je retouche à ces 70% précédemment oubliés. Je m’y reconnecte, j’en retrouve les sensations. Et je me sens beaucoup plus nourrie, en équilibre, et complète en ayant réintégré ces parties-là.

Photo by Evie S. on Unsplash

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